Innovation : filtrer l’eau grâce à la gravité
Filtrer l’eau en utilisant son propre poids : c’est le principe de la filtration membranaire par gravité, ou GDM. Développée notamment par l’institut suisse Eawag, cette approche cherche à simplifier certains traitements décentralisés. Voici ce que cette innovation apporte, et les précautions nécessaires pour comprendre ses performances.

Comment fonctionne la filtration par gravité ?
L’eau placée au-dessus d’une membrane traverse celle-ci sous l’effet de la différence de hauteur. La filtration fonctionne ainsi à faible pression. Les membranes d’ultrafiltration retiennent des particules et des microorganismes ; la qualité obtenue dépend du dispositif, de son intégrité et des caractéristiques de l’eau à traiter.
Une particularité du procédé GDM est de laisser se développer une couche biologique sur la membrane. Dans les conditions étudiées par Eawag, son organisation permet au débit de se stabiliser. L’objectif est de limiter les opérations intensives de nettoyage, tout en acceptant une production par surface de membrane plus faible.
Quel est l’intérêt de cette innovation ?
Le principal avantage concerne la simplicité d’exploitation : la gravité fournit la pression nécessaire à l’étape de filtration, ce qui réduit le recours à une pompe pour cette étape. Selon l’installation, une pompe peut toutefois rester indispensable pour amener l’eau jusqu’au réservoir.
Eawag a documenté des applications pour l’approvisionnement local en eau, notamment des kiosques communautaires en Ouganda. Ses recherches explorent également le traitement de certaines eaux grises. Il s’agit d’une technologie développée depuis plusieurs années, et non d’une découverte apparue en 2026.
Des limites à connaître avant de choisir
Une membrane GDM ne constitue pas un traitement universel. Le guide technique de référence précise qu’elle ne retire pas les sels dissous et ne convient pas, seule, à une eau contaminée par certains polluants chimiques comme les pesticides, l’arsenic ou le fluorure. Elle ne remplace donc pas automatiquement un autre procédé de traitement.
Le débit disponible, la surface nécessaire et l’entretien doivent être évalués pour chaque projet. Une filtration sobre en énergie exige toujours une surveillance : contrôle de la membrane, entretien des réservoirs et prévention d’une recontamination pendant le stockage ou la distribution.
Que retenir pour un projet en Belgique ?
L’enseignement est simple : une innovation doit répondre à un besoin clairement identifié. Avant de sélectionner un équipement, il faut préciser l’origine de l’eau, son usage, les résultats d’analyse et le débit attendu. Une solution adaptée à un site isolé peut répondre à des contraintes différentes de celles d’un logement raccordé au réseau.
Cet article présente une technologie de recherche et d’application ; il ne constitue pas une annonce de disponibilité d’un système GDM chez KREFEX. Pour étudier votre installation, découvrez nos solutions de filtration ou demandez un devis KREFEX.
Sources pour aller plus loin
Eawag — Présentation du procédé GDM et recherches sur les membranes.
Eawag — Ultrafiltration without pressure – the power of gravity, 16 mai 2018.
Guide technique — Gravity-driven Membrane Filtration: A User Guide (PDF). Sources consultées le 22 octobre 2026.
